Non à l’ouverture de deux salles de shoot sur le boulevard de Bonne Nouvelle et porte Saint-Martin

L’annonce unilatérale et sans concertation avec les associations de riverains par la Maire de Paris d’ouvrir deux salles de shoot (SCMR: salle de consommation à moindre risque) sur les Grands Boulevards : celui de Bonne Nouvelle et à la porte Saint-Martin pour accueillir les crackeurs d’Eole nous pousse à nous regrouper à plusieurs associations et collectifs non seulement du 10ème mais aussi de Paris Centre pour affirmer notre refus d’être mis ainsi devant le fait accompli.

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Une autre est organisée le samedi 25 septembre à 14h devant la mairie du Xème arrondissement.

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Une manifestation a été organisée le samedi 18 septembre 2021 à 14h devant la poste de Bonne Nouvelle au 18 boulevard de Bonne Nouvelle et s’est terminée devant la mairie du Xème.

Une autre est organisée le samedi 2 octobre 2021 à 14h place de la bataille de Stalingrad.

Mme Hidalgo, Mme Souyris et Mme Cordebard s’appuient sur le rapport INSERM : Recherche sociologique sur l’impact de la salle de consommation à moindre risque sur la tranquillité publique et son acceptabilité sociale

pour justifier leur ouverture autoritaire de nouvelles salles de shoot alors que celle de Lariboisière continue de provoquer beaucoup trop de protestations des riverains.

De plus il n’est pas dit que ce rapport puisse s’appliquer aux crackeurs.

Sujet d’étude du rapport : la prise en charge de personnes qui injectent des substances (PQIS) vis-à-vis du virus de l’hépatite C (VHC) et du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) appelle aujourd’hui à de nouveaux moyens de prévention et de soins (p.14 résumé)

Question 1 : Est-ce que les crackeurs sont « traitables » (au sens d’avoir comme objectif de les sevrer) alors qu’il n’y a pas de produit de substitution au crack ? comme l’est le subutex pour l’héroïne. N’y a-t-il pas un malentendu fondamental concernant la manière de traiter les usagers du crack dans les SCMR (salles de consommation à moindre risque) ? En quoi leur donner une pipe à crack « propre » change quoi que ce soit à leur consommation ?

Evaluation de l’efficacité des SCMR sur la réduction des pratiques à risque VIH et VHC et sur plusieurs autres indicateurs de santé à partir de la mise en place d’une cohorte de PQIS (étude COSINUS) (p.14 résumé)

Question 2 : Dans la cohorte des 665 PQIS étudiées, aucune ne consomme du crack. Comment est-ce possible de faire une assimilation entre le traitement des héroïnames et celui des crackeurs ?

Question 3 : Il apparaît impossible de s’arrêter de consommer du crack par sa seule volonté. Comment concilier la liberté de consommer du crack avec l’obligation de se soigner ? Comment ne pas encourager la consommation de crack en se contentant de l’accompagner par des mesures sanitaires de soutien et d’accompagnement ?

Etude de l’acceptabilité sociale de la SCMR et son impact sur la tranquillité publique qui inclut une analyse du débat médiatique, un étude écologique sur les traces de consommation dans l’espace public, une recherche socio-anthropologique sur l’expérience et les perceptions de parties prenantes et une analyse quantitative des données EROPP (Enquête sur les représentations, les opinions et les perceptions des psychotropes).

Question 4 : En quoi l’analyse de la presse et du débat médiatique entre 1990 et 2018 est-elle encore pertinente de nos jours avec le développement exponentiel du nombre de crackeurs à Paris ?

Question 5 : Pourquoi les entretiens semi-directifs menés auprès de 160 parties prenantes de 2013 à 2021 (riverains, commerçants, usagers, professionnels de la réduction des risques, personnel hospitalier, police, justice, acteurs politiques locaux et nationaux) ne reflètent-ils pas davantage les positions des riverains ? Les arguments des opposants aux SCMR sont réduits à “un combat à dimension personnelle et politique”.

Conclusions de ce rapport: “Les résultats de la recherche sociologique mettent en évidence une amélioration globale de la physionomie du quartier et une augmentation de l’acceptabilité sociale des SCMR au cours du temps. Toutefois, la persistance d’injections dans l’espace public et de confrontations entre les parties prenantes nécessiterait un travail de médiation approfondi, afin d’optimiser l’impact de la SCMR sur la tranquillité et la sécurité publique. Ainsi, ces résultats plaident en faveur d’une extension de ces SCMR, qui pourraient être aussi proposées dans des structures existantes, en adaptant les services et le fonctionnement à la réalité des usagers.” (p.17 résumé)

Question 6: Comment ne pas prendre en compte l’environnement immédiat d’une SCMR et ne pas faire la distinction entre son implantation dans un milieu hospitalier fermé comme à Strasbourg et dans un tissu très densément peuplé comme à Lariboisière ?

Question 7: Les usagers de la salle y vont avec les substances à consommer. Ils se les procurent à l’extérieur et dans le “périmètre d’immunité pénale” (300 mètres autour de la salle) où s’est fixé un marché de la drogue. Comment éviter une croissance exponentielle de la consommation de crack à Paris avec la multiplication des salles de shoot où la consommation sera de fait légalisée et où les dealers pourront décupler leurs ventes ?

Question 8 : Comment pouvons-nous accepter l’explosion de l’insécurité autour des salles de shoot ? Car il est bien connu que les crackeurs ne se contentent pas de se détruire eux-mêmes mais aussi d’agresser les riverains pour leur extirper de quoi payer leurs prochaines doses.

Question 9: Comment ne pas approuver le principe d’une médiation approfondie proposée par ce rapport alors que la situation à Paris s’apparente à une prise de décision unilatérale par la Mairie de Paris ?

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